Un montage de deux photographies, celle du dessus montrant la partie supérieure d’un arbre décharné par l’automne, sur fond de ciel vespéral. La photographie du dessous représentent un chat noir assis en boule sur un tapis blanc à relief de vague. On ne voit pas la tête du chat et le montage évoque quelque peu la représentation d’un cœur…
La grâce Ou l’inconcevable Ténu Qui danse au-dessus de la tragédie Et nous appelle À le suivre, Comme l’étoile
L’Amour à l’oeuvre en dépit de tous Fluide universel Pulsation inouïe Du vivant Qui défie l’entropie D’un rire Homérique Indifférent à son invincible vulnérabilité
Mise en harmonie d’un monde Qui ravaude Ou creuse méchamment Ses propres déchirures Et les porte en blason
La fleur n’éclot-elle pas au bout de sa tige gracile Plantée Dans la terre noire
Voiles ondoyants sur les jours, Les mots quand ils ne veulent rien dire, Montés les uns sur les autres Sans mortier pour les lier, Ont une grâce perverse.
Empilés Ils forment de Très grandes tours vides, S’élèvent haut, Puis s’effondrent Quand le Vent Les ébranlent Aux heures où, Vainement, Eole Fait la chasse Au sens.
Ses bourrasques Débusquent Les loghorrées Que nul ciment Ne fortifie – Certains murs résistent, Jointoyés qu’ils sont Par un peu de Vérité.
Le plus souvent pourtant Les tours s’affaissent et Le feux prend
Zéphyr ensuite, Attisant La défiance, En tout lieu Du doute Porte les braises.
Poutres et planches, Calcinés, chutent.
Et vous avec, Si vous n’y Prenez garde, Quand Vous empilez Phrases, paragraphes, chiffres. Ou quand Vous croyez D’un chant trompeur Les mots creux.
Pour peu que Vous ayez eu La témérité De saisir La rampe D’air scintillant, Qui promet de vous mener Haut, trés haut, Dans les aires célestes : Souvent Vous Chutez.
Cramponnés aux rêves et espoirs Nous tombons En pluies De bris De verre Au sol, Tous, Qui sommes Des milliers De millions De milliards.
Comme les mots.
Mais Eux Sont ceux Que la chute N’immobilise
Pas.
Déjà, Voyez, Ils recommencent !
À nouveau Ils Se réunissent, Masques charmants Mais Défaillants D’une maladie de l’âme Intempestive, Monomanie fébrile, Qui coalise structures verbales et lexicales À tout bout de champ.
Faire de l’air
Édifier Dans le ciel Palais et châteaux Aux murs irisés De bulles de savon.