Le jardin garde sa porte
Dérobée, enclose
Dans un nuage
De feuilles
Qui distrait le voyageur
Et lui masque l’accès
À son monde
De protubérances végétales,
D’ exuberances florales,
De dépressions collinaires
Emplies d’herbes noires
Et de rivière clapotantes
Qui scintillent vivement
Sous un regard de soleil d’or.
Car le jardin est lent
A savoir
L’homogénéité des signaux
Annonçant la courtoise visite
Ou l’intrusion sournoise.
Il lui faut l’infini des moments
Pour atteindre le climax
Qui declenchera
Les nappes sacrées des accueils cordiaux
Ou les salves griffues des joncs punitifs
De la réprimande outrée.
Les manifestations des
Grâces du monde
Et de ses horreurs
Ne sont-elles pas diverses et apparentées ?
Comment savoir
Qui est qui
Et veut quoi ?
Le souffle ténu d’un moineau
Déplace l’air
Aussi bien que l’aile de la pyrale.
Qui est-il là ? Qui doit-il l’être ?
C’est le temps long
Des délibérations intérieures
Des jardins
Pensifs et rêveurs…
Leurs bascules soudaines
Parfois tout en buissons lacératoires
Saisissent alors d’effroi
L’insoucieux intrus
Que les heures tranquilles
Dans le giron trompeur
Avaient assoupi.
Parfois cependant la merveille dure aussi
Méfiez-vous des jardins endormis
Comme également
Des peurs palpitantes
Qui de la poussière
De nos vies démentes
Accouchent d’inutiles cauchemards
Sinistres brouillards
Qu’un trille d’oiseau efface.
Myosotis D’Armanges
(Texte et image non libres de droits)














