• Jardin taquin

    Le jardin garde sa porte
       Dérobée, enclose
    Dans un nuage
       De feuilles
    Qui distrait le voyageur
    Et lui masque l’accès
       À son monde
    De protubérances végétales,
    D’ exuberances florales,
    De dépressions collinaires
    Emplies d’herbes noires
    Et de rivière clapotantes
    Qui scintillent vivement
    Sous un regard de soleil d’or.

    Car le jardin est lent
    A savoir
    L’homogénéité des signaux
    Annonçant la courtoise visite
    Ou l’intrusion sournoise.

    Il lui faut l’infini des moments
    Pour atteindre le climax
    Qui declenchera
    Les nappes sacrées des accueils cordiaux
    Ou les salves griffues des joncs punitifs
    De la réprimande outrée.

    Les manifestations des
    Grâces du monde
    Et de ses horreurs
    Ne sont-elles pas diverses et apparentées  ?

    Comment savoir
       Qui est qui
          Et veut quoi ?

    Le souffle ténu d’un moineau
    Déplace l’air
    Aussi bien que l’aile de la pyrale.

    Qui est-il là ? Qui doit-il l’être ?

    C’est le temps long
    Des délibérations intérieures
    Des jardins
    Pensifs et rêveurs…

    Leurs bascules soudaines
    Parfois tout en buissons lacératoires
    Saisissent alors d’effroi
    L’insoucieux intrus
    Que les heures tranquilles
    Dans le giron trompeur
    Avaient assoupi.

    Parfois cependant la merveille dure aussi

    Méfiez-vous des jardins endormis
    Comme également
    Des peurs palpitantes
    Qui de la poussière
    De nos vies démentes
    Accouchent d’inutiles cauchemards
    Sinistres brouillards
    Qu’un trille d’oiseau efface.



    Myosotis D’Armanges

    (Texte et image non libres de droits)

    Un jardin
  • Vita explosiva et aeterna

    Le tégument dévoyé
    De tungstène l’embryon enserrait,
    Qui de peu de vivres et d’eau
    Et en conséquence de beaucoup d’obstination,  croissait…
    À tel point qu’éclat de rire dément,
    Il rompit maintes chaines d’atomes
    Et liaisons electroniques.
    La coque, vaincue d’avoir été trop sévère,
    De fissures plus ou moins béantes
    Vit attaquée son intégrité.

    Ainsi, du cœur noir ou du coeur vert, et du rouge ou de celui plein de lumière,
    Elle laissait fuir desormais une abondance de fleurs, feuilles et tiges,
    Buissons ardents et folles forêts aux parterres de pétales odorants.
    Leurs palpitations alternatives, foisonnantes, déréglées et sauvages,
    Réduisaient de l’armure toute en masque
    Les raisons d’existence mêmes.

    Et l’univers de s’accommoder des palpitations formidables de ce phénomène d’étoile
    Qui se tournait en trou noir ou autre satellite
    Au grès des vents stellaires,
    Et qui explosait de son rythme propre et indomptable,
    Par rien ne se laissait coloniser ni durablement mater.

    Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

    Le soleil, par Edvard Munch
  • Ramdam

    Ramdam
    La mer envoie
    La peur s’écaille

    L’intime révolution,
    Marémotrice,
    Élague le marasme

    Tourné vers Hélios,
    Hélice

    Libérée des ronces

    Marines,
    L’esquif s’ébranle


    Et vers le grand large
    Pointe son nez,
    Piquant hardi
    Le creux des vagues assassines.


    Myosotis D’Armanges

    Texte et image non libres de droits

    La mer

  • Eau de rose

    Peut-on amollir
    Les tranchantes canines
    De machoires acérées
    Avec du bouillon doré
    À l’eau de roses sucré ?


    La pomme d’amour
    Carrie-t-elle
    Les dents asséchées
    Ou revitalise-t-elle
    Les chicots dévastés ?

    Stay tuned…

    Myosotis D’Armanges

    (Texte et image non libres de droits)

  • Aux écorchés

    Petite pomme
    Un peu ridée,
    Toute fendue et pelée,
    Sa chair granitée
    Au baiser de gel
    Exposée,
    Attendait là
    Du sucre
    L’enrobé
    Pour, vermillonne,
    Briller
    Au lustre d’amour,
    Petit soleil
    Patelin.

    Myosotis D’Armanges

    (Texte et image non libres de droits)

    Quartier de pomme et moitié de pomme épluchés sur parquet.
  • Que viens-tu faire en ce palace ?

    Jeune fille perdue
    En nos confins feutrés
    Sous le dai
    Rouge velours,
    Mon œil ventru
    En mâle vautour
    Te guette.

    Tu erres, escarbille,
    Du brasier échappée.

    Au cœur du palace,
    De nos chambres cossues
    – un enfer terrestre -,
    Il brûle en cannibale
    Le feu machine
    Aux rouages cruels.

    Rescapée de l’arène,
    Bête de souffrance
    Engluée de nos crimes,
    C’est toute empoisonnée
    Que tu vas vivre
    Vive,
    Et un peu morte aussi.


    En bons rois de la fange,
    Nous t’observons
    Tout vautrés,
    Nimbés de crasse
    Impunité.


    Nos humeurs vacillent
    Quand nos nuits
    S’étranglent
    De sombres rêves
    Pleins d’effroi.

    Voit le glaive et la balance
    Qui luisent
    Un peu là-bas,
    Au pas lourd
    Qui s’avance
    De la justice,
    Notre trépas.

    Myosotis D’Armanges

    (Texte et image non libres de droits)

  • Collage et dessin au pleutre sur photographie de magazine, une tourelle militaire est dotée d’un œil géant (collage et dessin), qui regarde en contrebas un véhicule militaire et des soldats. #Défense #Armée . Non libre de droits
  • Be water, my friend

    Matrixation
    S’y soustraire
    Ainsi qu’aux systèmes
    Ne leur laisser
    En charogne
    Qu’une prise aléatoire

    Quadrillage de l’âme et du corps
    Mis à distance,
    Rester à l’état semi gazeux, semi liquide.
    Privilégier la fluidité
    À l’inexorable de la réification,
    Cette mise en solide de l’être,
    Qui n’est qu’un autre nom de sa mort .

    Comme l’evanescent s’efface
    Plutôt périr
    Que régir à l’aveugle
    Et planter ses griffes
    Dans un réel
    Qui restitue toujours
    La déchirure
    À celui
    Qui l’occasionne.

    Iridescence d’une présence fantomatique
    Refus momentané du pouvoir et des accélérations explosives qu’il provoque.

    La multitude complexe des facettes d’un réel à l’extension infinie
    Et aux interdépendances hallucinatoires
    Saute au visage de qui sait regarder
    Et paralyse l’action.

    Mais un souffle seul peut renverser le monde
    Pourvu qu’il fût bien placé
    Veiller en état de stase,
    Revenir à la vie
    – À l’action.
    Expirer,
    Au moment opportun,
    Agir (et mourir un peu)


    Myosotis D’Armanges

    (Texte et image non libres de droits)

    Sculpture d’Auguste Rodin, nommée « Le masque d’Hanako » (1908), exposée à la galerie « Univers du bronze », Paris.
  • Faim

    La faim dévore
    Qui n’est plus distraite
    Par les nourritures périphériques
    Aléatoires.

    C’est au cœur
    Que nous avons besoin de manger
    Et nous nourrir
    Des mets célestes
    Roboratifs.

    C’est le sang du sens que je veux boire
    Et dévorer la chair grasse
    Qui revêt
    Le squelette de l’existence,
    De la vie qui en moi danse.

    Servez, Maestra !

    Au banquet de l’autophagie créatrice,

    C’est l’indispensable inouï qui se produit

    Et nous festoyons comme des Dieux.

    Myosotis D’Armanges

    (Texte et image non libres de droits)

  • ♡ 1

    Je ne suis que le caillou,

    Son ombre,

    Et la terre en dessous.

    Myosotis D’Armanges

    (Texte et image non libres de droits)

    Caillou blanc – Photo Myosotis D’Armanges